Retour sur le Prix Chronos 2015

Cette année encore, les Yverdonnois ont pu participer au Prix Chronos Pro Senectute. Lors de la rencontre finale, le 14 février, les jurys senior et junior ont eu l’occasion d’échanger autour des livres en concours. Saint Valentin oblige, les discussions ont tourné autour des liens amicaux et amoureux présents dans les romans de la sélection. Nous avons proposé aux participants de noter leurs impressions de lecture sur des puzzles en forme de coeur que nous avons ensuite reconstitués. Une trentaine de membres des jurys ont partagé leurs avis sur les livres dans la bonne humeur.

A l’issue de la rencontre, les participants ont donné leur bulletin de vote que nous avons transmis à Pro Senectute. Les vainqueurs du vote 2015 sont désormais connus: cette année, c’est Yaël Hassan et Matt7ieu Radenac avec La fille qui n’aimait pas les fins, une histoire qui se déroule… dans une bibliothèque! La remise du prix aura lieu au Salon du livre de Genève, le mercredi 29 avril 2015, de 14h00 à 15h30 à Palexpo. La cérémonie sera agrémentée de poèmes, de chansons et de saynètes et animée par Laurence Bisang. Plus d’informations sur ce moment festif ici!

Un petit retour sur la matinée du 14 février et le résultat des échanges des participants en images:

(Merci à la photographe Corinne Cuendet pour les photos de la rencontre du 14 février)

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Les réputations de Juan Gabriel Vasquez

réputations(traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon)

Editions du Seuil, collection Cadre vert / 2014

 

L’histoire

Bogota, Colombie. Javier Mallarino jouit de la réputation d’un caricaturiste capable « de faire abroger une loi, contrarier le jugement d’un magistrat, renverser un maire ou menacer sérieusement la stabilité d’un ministre (page 17) » avec comme seules armes de l’encre de chine et du papier. Mais un jour, à la suite de la visite d’une étrange jeune femme, sa mémoire le rattrape…

Commence alors une quête de la vérité et une enquête sur la nécessité de divulguer, ou pas, des faits pouvant nuire à la réputation d’autrui. « Parce que, dans ce pays, on ne devient quelqu’un que lorsque quelqu’un d’autre cherche à te faire du mal » (page 45) et où « celui qui doute meurt » (page 150).

L’extrait

« Un jour, j’ai été à court d’idées. C’est bizarre, mais ça peut arriver. J’ai alors fait un autoportrait devant ma tasse de café et une feuille blanche et, dans une bulle, j’ai dessiné une ampoule éteinte. J’ai envoyé le tout à l’éditeur, accompagné d’une note qui disait : Aujourd’hui, je n’ai rien trouvé. Je dois rendre ma caricature et je n’ai rien trouvé. Désolé. A vous de décider si vous publiez mon dessin ou non. La caricature est sortie le lendemain et j’ai reçu des appels élogieux. Tout le monde me félicitait. La veille, il y avait eu une très grosse panne d’électricité dans l’un des quartiers les plus pauvres de Medellin. Mon dessin avait été interprété comme une critique contre l’indolence de l’administration et tout ça. Je ne leur ai jamais raconté le fin mot de l’histoire. »

L’auteur

En novembre 2012, nous avions déjà parlé dans ce blog de l’un de ses romans : Le Bruit des Choses qui tombent. A lire ou à relire !

Juan Gabriel Vasquez est natif de Bogota (1973), et a vécu en Belgique et à Barcelone. Différents prix littéraires ont couronné son travail et il a reçu le prix Roger Caillois pour l’ensemble de son œuvre en 2012.

Proposé avec enthousiasme par Dom Dufaux

 

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La Thièle, eau des Lumières

Un récit de Janine Massard inspiré de l’histoire de l’Encyclopédie d’Yverdon et illustré par des photographies de l’édition originale de celle-ci.

Au 18ème siècle, de Felice, moine défroqué, qui a fui l’Italie pour une histoire d’amour, est arrivé en Suisse après diverses pérégrinations. Il s’arrête à Berne, en 1756, auprès d’Albrecht de Haller, médecin, poète et

Dédicace à Albrecht de Haller au début de l'Encyclopédie

Dédicace à Albrecht de Haller au début de l’Encyclopédie

naturaliste, puis s’installe en 1762 à Yverdon où, durant cette même année, s’est réfugié Rousseau qui n’y restera pas plus de deux mois, parce que ses idées développées dans L’Emile et le Contrat social avaient déplu aux Bernois qui occupaient alors le pays de Vaud. L’ancien moine franciscain, converti au protestantisme, est déclaré digne d’être protestant – après une abjuration publique de la religion catholique. Il se mariera à trois reprises et sera le géniteur de 13 enfants.

Début de l'article "Yverdon"

Début de l’article « Yverdon »

À cette même époque, la ville d’Yverdon connaît un bel essor économique grâce aux Huguenots qui sont arrivés de France après la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685. Ils apportent au pays leur savoir-faire, l’horlogerie, le textile et avec ça, l’art du commerce et la banque. La ville est encore réputée pour la qualité de ses imprimeurs et puis elle présente un avantage indéniable à celui qui a compris l’importance de diffuser le plus largement possible les connaissances acquises : les eaux de la Thièle vont lui permettre de les répandre plus loin, dans le Nord de l’Europe, en Hollande surtout.

Afin d’éviter que la censure catholique ne saisisse des livres imprimés à Yverdon, de Felice eut l’idée de recourir à des tonneaux à double fond

pour y dissimuler ses publications : le vin voisinerait avec l’intellectualité pour la bonne cause. Cette ruse m’a été contée il y a plus de vingt

Pressoir

Pressoir

ans par Henri Cornaz, maître-imprimeur et personnalité rayonnante de la région, qui a contribué à remettre en lumière le travail de Bartolomeo de Felice. On était à la fin des années 80, et maître Cornaz, tout à son enthousiasme de faire redécouvrir cette œuvre, apprenait l’anglais pour se rendre en Amérique où une descendante de Bartolomeo de Felice s’était enflammée pour cet ouvrage oublié. Henri Cornaz racontait, à ses collaborateurs des éditions de la Thièle, oui, de la Thièle, dont je faisais partie à l’époque, comment les eaux de cette rivière, peu importante finalement, avaient transporté, à la barbe de divers représentants de l’octroi et autres gabelous, tous ces textes qui parlaient de sciences, de mathématiques, de physique, de chimie, bref toutes sortes de nouveautés qui allaient permettre à l’Europe de réaliser la Révolution industrielle et aux esprits

d’évoluer.

Avocette, foulque et coq des roches

Avocette, foulque et coq des roches

Ainsi, dans la brouillardeuse ville qu’était alors Yverdon, la Thièle s’évasait en une sorte de marécage aux pieds des Remparts, puis reprenait sa route ; elle, modeste rivière, était au départ de la chaîne de diffusion des livres ; elle accueillait les oiseaux migrateurs de l’hiver et servait parallèlement l’esprit des Lumières en transportant des textes dissimulés dans les tonneaux, qui passaient pour du vin quand ils devaient être contrôlés aux douanes des catholiques, allaient jusqu’en Hollande où les livres étaient très prisés et appréciés. Il y avait alors de nombreuses douanes sur le parcours des eaux, celles de la Thièle se jetait dans l’Aar et l’Aar dans le Rhin, le Rhin zigzaguait ensuite et traversait des régions renommées déjà : Bâle, qui avait une haute réputation depuis Erasme et Paracelse, Strasbourg, Mannheim, Mayence, Coblence, Cologne, Nimègue, Rotterdam… Les barques traversaient comtés, duchés, principautés, évêchés aussi, c’est dire si les contrôles étaient nombreux.

Le Rhin était un fleuve mythique, non seulement à cause de la Lorelei, mais aussi pour d’autres qualités. Victor Hugo, un siècle après de Felice, le décrit ainsi : « Le Rhin est rapide

Fonctionnement d'une écluse

Fonctionnement d’une écluse

comme le Rhône, large comme la Loire, encaissé comme la Meuse, tortueux comme la Seine, limpide et vert comme la Somme, historique comme le Tibre, royal comme le Danube, mystérieux comme le Nil, pailleté d’or comme un fleuve d’Amérique, couvert de fables et de fantômes comme un fleuve d’Asie. »

Ces transports vers le Nord de l’Europe étaient une combinaison de bonnes volontés, de travail, d’astuces, de découvertes. On est passé du rien au tout : ceux qui imprimaient les textes avaient besoin de la force physique de ceux qui chargeaient les bateaux et de ceux qui les faisaient circuler, plus loin ils savaient qu’il y aurait encore ceux qui livreraient les colis avec discernement, et cela jusqu’au destinataire final, l’homme, le savant qui donnerait suite aux idées contenues dans les livres.

Mais tous les textes publiés à Yverdon en relation avec la marche de l’Histoire n’ont pas bénéficié ainsi de la complicité des eaux de la Thièle pour des transports clandestins. J’aimerais rappeler ici l’époque des guerres d’indépendances et, particulièrement, celle de la Guerre d’Algérie et d’Henri Cornaz qui s’est impliqué pour cette cause puisqu’il imprimait El Moudjahid, le journal du FLN qui revendiquait alors la souveraineté du pays considéré comme un département français. La Suisse officielle était pour l’Algérie française ; elle se livrait encore à la chasse aux communistes, c’était l’époque du fichage de celles et de ceux qui ne pensaient pas comme l’officialité. Epoque de guerre froide, de suspicion aussi.

L'opération de la casse en imprimerie

L’opération de la casse en imprimerie

El Moudjahid sortait des presses de l’imprimerie Cornaz, qui pour plus de discrétion faisait tourner ses rotatives la nuit. Ensuite le journal était acheminé par des voies clandestines. Un jour, Jean Mayerat, alors Président du Conseil communal d’Yverdon, en a dissimulé des exemplaires dans des affaires de camping pour les passer en France mais, probablement dénoncé par un mouchard, il a été arrêté à la frontière. Ce qui lui a valu un an de prison tout de même.

Il m’a semblé nécessaire de rappeler ce fait pour montrer que deux siècles après l’épopée de l’Encyclopédie de Bartolomeo de Felice, l’Histoire s’était de nouveau arrêtée à Yverdon et que ce n’était pas un hasard si celui qui allait remettre cette encyclopédie dans le monde s’était engagé pour la cause algérienne.
Janine Massard

Yverdon-les-Bains, 2 septembre 2014

 

 

Bibliographie complète de Janine Massard

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La micro-bibliothèque du Conseil des Jeunes

Le Conseil des Jeunes d’Yverdon-les-Bains a participé aux festivités lors du weekend Micro bibliothèque CDJd’inauguration des nouveaux espaces de la bibliothèque. Ses membres ont proposé aux passants  de découvrir leur micro-bibliothèque idéale. Voici leurs propostions de lecture:

Inconnu à cette adresse – Kressmann Taylor – 1938

Avec Inconnu à cette adresse, Kressmann Taylor nous décrit une montée du nazisme plus intimement que jamais. C’est en effet au moyen d’une correspondance fictive entre deux amis et associés que nous est montré le changement de mentalité progressif. Un roman épistolaire touchant qui nous fait redécouvrir les événements d’une manière nouvelle.

W ou le souvenir denfance – George Perec – 1875

C’est au travers de deux histoires, une « autobiographie » de son enfance ainsi que l’histoire d’une île aux valeurs olympiques, à priori hermétiques l’une à l’autre, que se tissent des liens invisibles… Il faut regarder entre les lignes, derrière les façades, au-delà du texte pour comprendre pourquoi la partie biographique commence par « Je n’ai pas de souvenir d’enfance. ».

Alcools – Guillaume Apollinaire – 1913

« Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin ».

Ce recueil de poèmes décrit avec délicatesse et surréalisme le monde.Il fait voyager notre esprit dans les recoins de notre imagination. Par la richesse de son écriture, il nous offre également plusieurs sens de lecture.

Les Fondamentaux de lanimation – Paul Wells – 2006

Vous aimez les films d’animation? Les vieux Disney? Les Pixar? Les Ghibli? Alors ce livre est fait pour vous! Il vous fera découvrir tous les secrets de fabrication, l’histoire et le concept de cette technique aujourd’hui tant répandue. Il vous fera également connaître de nouvelles œuvres et artistes vous permettant d’élargir votre horizons artistiques.

Les Sept piliers de la sagesse – Thomas Edward Lawrence – 1922

Le récit des aventures d’un gentleman anglais en plein désert d’Arabie en mission pour la couronne britannique et se retrouve à suivre deux maîtres: la gloire de de la Grande Bretagne et la Libération de la nation arabe!

LAmour au temps du choléra – Garbriel Garcia Marques – 1985

Ce sont les mots qui séduisent chez cet écrivain de génie, où l’amour se met à souffrir patiemment pendant des décennies avant de s’épanouir, triste et beau spectacle.

Le Rouge et le noir – Stendhal – 1830

L’ambition de la jeunesse qui peut encore animer la nôtre, la désillusion qui survient lorsque, seul, on se rend compte que l’on mourra seul et nu, sans nos gloires conquises précédemment.

Le Petit prince – Antoine de St-Exupery – 1943

Ici la douceur du texte charme parce qu’il parle avec une douceur infinie de choses qui nous surpassent: l’abnégation et la simplicité de l’amour d’autrui.

La Bible

C’est le seul livre où c’est plus simple de commencer par la fin pour mieux comprendre la profondeur des textes de l’Ancien Testament, je conseille aussi la version bande dessinée (sa Sainteté me pardonne).

Chats – Helen Exley –

Vous aimez les chats? Vous aimez internet (où les chats sont très présents) ? Alors vous allez adorer ce petit ouvrage félin, dont la taille est très adaptée à notre micro-bibliothèque !

LExistentialisme est un humanisme – Sartre – 1946

Il faut lire ce livre parce que Sartre nous propose une façon de voir la vie qui est certes dure, mais aussi réconfortante. Il pensera: « Si vous avez raté votre vie, c’est uniquement votre faute ».

Rinocéros – Eugéne Ionesco – 1959

Ce livre mérite d’être lu parce qu’Ionesco y fait la satire de l’homme confronté à un système totalitaire. Dans une petite ville, les gens succombent un à un à une maladie les transformant en Rhinocéros.

Le Fait du Prince – Amélie Nothomb – 2008

Dans ce roman, Amélie Nothomb nous conte ce désire de disparaître de la vie, de ne plus avoir de tâches, de se faire oublier et de vivre dans une maison où l’on boit du champagne du matin au soir.

Ainsi parlait Zarathoustra – Friedrich Nietzsche – 1892

Il faut lire ce livre parce que le génie Nietzche a su joindre poésie et philosophie. Le livre nous propose une lecture du « surhomme », inatteignable, mais tout de même inspirant pour notre vie quotidienne !

Le liseur du 6h27

Liseur du 6h27Jean-Paul Didierlaurent

Roman

(217 pages)

Editions Au diable vauvert / 2014

 

L’histoire

Guylain Vignolles travaille comme pilonneur de livres pour une société de traitement et de recyclage. Il vit seul avec Rouget de Lisle cinquième du nom, son poisson rouge. Seul mais pas solitaire, il côtoie Yvon le gardien qui parle en alexandrins, Giuseppe l’accidenté du travail et toute une galerie de personnages à la fois tendres et hauts en couleurs. Chaque matin il lit, à haute voix dans le RER, les pages qui ont échappé, la veille, à la ZERSTOR 500, la machine broyeuse de livres invendus. Un jour, il trouve une clé USB contenant les mémoires d’une dame-pipi…

Le quotidien raconté avec humour, tendresse et poésie. Délicieusement addictif. Un vrai coup de cœur.

L’extrait

Lorsque le RER s’arrêta en gare et que les gens quittèrent leur wagon, un observateur extérieur aurait pu sans peine remarquer à quel point les auditeurs de Guylain détonnaient d’avec le reste des usagers. Leur visage n’affichait pas ce masque d’impassibilité qu’abhorraient les autres voyageurs. Tous présentaient un petit air satisfait de nourrisson repu (page 175).

L’auteur

Jean-Paul Didierlaurent est un auteur français, né en 1962 dans les Vosges. Nouvelliste de talent, il a remporté de nombreux prix, dont à deux reprises le Prix Hemingway. Le Liseur du 6h27 est son premier roman.

Proposé par Dom Dufaux

 

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Retour sur l’atelier Sakamô

Pendant les vacances d’automne, la bibliothèque a proposé un atelier de bricolage sur un thème original: fabriquer un sac à partir d’un livre. Avec les animatrices de Latelier nomade, les participants ont découpé, collé, percé, agraffé… Admirez les sakamô créés lors de cette matinée dans le diaporama ci-dessous!

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Esprit d’hiver de Laura Kasischke

Le matin de Noël, Holly se réveille avec le sentiment que quelque chose cloche dans sa maison. Alors que son mari se trouve bloqué loin d’elle par un blizzard et que ses invités tardent à arriver pour le repas de fête, sa fille Tatiana, adoptéeEsprit d'hiver Kasischke en Russie 16 ans plus tôt, a un comportement de plus en plus étrange…

Une histoire déboussolante… Dans un premier temps, l’inquiétude constante de Holly au sujet de sa fille adolescente semble démesurée. Puis, tandis qu’on découvre le récit de l’adoption de Tatiana, de petits évènements troublants se produisent dans la maison. La neige qui tombe isole toujours plus Holly et Tatiana et renforce la sensation de huis clos. La tension croît jusqu’au point d’orgue final dans les dernières pages du livre. Tout ce qu’on croyait avoir compris jusqu’alors est remis en question et une fois le livre refermé, on aurait presque envie de recommencer sa lecture à la première page.
Esprit d’hiver a été retenu dans la sélection des romans étrangers du Prix Médicis 2013.

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Une lecture proposée par Juliette de la bibliothèque

Découvrez ci-dessous l’avis de Philippe Chevilley, journaliste aux Echos

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